plaquettesL’exploitation forestière, l’élagage, le défrichage produisent un grand nombre de branches et résidus (cimes) qui peuvent être déchiquetés pour l’alimentation des chaufferies automatiques. L’approvisionnement en plaquettes forestières entre dans un processus allant de l’abattage des arbres au déversement des plaquettes dans un silo. Ce processus peut durer plusieurs mois selon que l’on préfère laisser sécher le bois sur le chantier avant de le déchiqueter ou sécher les plaquettes après avoir déchiqueté le bois frais.

ChantierLes différentes étapes de ce processus sont : l’abattage(1), le façonnage(2) et le débardage(3), le déchiquetage(5), le transfert des plaquettes sur véhicule routier(6), le transport en stockage/séchage (communs à plusieurs chaufferies), la reprise et la livraison par camion benne.

Le conditionnement peut se faire pour les petits chantiers, par de petites déchiqueteuses à disque entraînées par un tracteur et alimentées manuellement par des bois de petits diamètres, le transport est assuré par une remorque. La production est de 5 m3/heure avec 2 à 3 personnes. Pour les chantiers plus importants, une déchiqueteuse autonome à disque ou à tambour équipée d’une grue et d’une contre grille est utilisée. Cette machine est réservée à des approvisionnements de plusieurs milliers de mètres cubes. L’unité de mesure, la plus utilisée est le volume apparent : MAP Mètre cube apparent de plaquettes ou la tonne pour les grosses chaufferies.

On peut déchiqueter du bois vert, son humidité initiale est de l’ordre de 50% et diminue rapidement au stockage du fait des phénomènes de fermentation qui échauffent le tas. On obtienst ainsi une humidité de 20 à 25% par un stockage de quelques mois sous abri et sur dalle (pour éviter les remontées d’humidité). On peut également déchiqueter du bois sec, les bois coupés en fin d’hiver et déchiquetés en septembre après un été passé dans un endroit aéré et ensoleillé ont une humidité de 30 à 35% et sont stables au stockage. Après déchiquetage et quelques mois sous abris, leur humidité descend autour de 20%.

Le contenu énergétique des plaquettes forestières vertes est en moyenne de 2200 à 2800 kWh par tonne pour une humidité de 40 à 50%, pour des plaquettes forestières fines et sèches, le contenu est 3300 à 3900 kWh par tonne pour une humidité de 20 à 30 %. Le prix généralement pratiqué est compris entre 31 € et 85 € par tonne.

Pour les différentes sources d’approvisionnement en plaquettes forestières, on distingue 2 types d’approvisionnement : l’approvisionnement direct et l’approvisionnement indirect.

  • Approvisionnement en flux tendu (direct) : le bois est transformé en plaquettes en forêt et directement transporté chez l’utilisateur. Cet approvisionnement est bon marché car il ne comporte qu’un minimum de manutentions et ne prévoit pas de stockage intermédiaire. La production des plaquettes forestières peut se faire sur la coupe avec une automotrice ou en bord de route.
  • Approvisionnement avec rupture de charge (indirect) : les plaquettes sont stockées hors de la forêt. Le bois est transformé en plaquettes soit en forêt soit à l’entrepôt intermédiaire. L’approvisionnement indirect est cher car il nécessite un entrepôt intermédiaire et plus de manutentions. En revanche, les plaquettes peuvent être séchées et le stockage sous abri permet une bonne sécurité d’approvisionnement dans les régions à forte couverture neigeuse.

Les plaquettes fines et sèches sont utilisées dans des petites chaudières automatiques dans des habitations individuelles ou des petits réseaux de chaleurs de plusieurs logements. Les grosses plaquettes sont utilisées dans des chaufferies collectives et des réseaux de chaleur.



Exemples de production : 
Présentation des logistiques de production en Europe
Deux chantiers de production de plaquettes forestières menés dans le Jura par l'ITEBE dans le cadre d'un projet européen, Interreg II.

Exemple d'installation :
Chaufferie de 340 kW avec utilisation de plaquettes forestières, la commune maître d'ouvrage de la chaufferie produit les plaquettes à partir du patrimoine forestier communal.